C'est en 1823 qu'Edward Church, consul des États-Unis en France, lance sur le Léman le premier bateau à vapeur de Suisse: le Guillaume Tell. Cette initiative fera de nombreux émules, mais la concurrence acharnée qui s'ensuivra ne sera à l'avantage de personne, ce qui poussera les sociétés de l'Aigle, du Léman et de l'Helvétie à conclure certains accords en 1844 déjà. Elles s'uniront plus étroitement encore en 1853 pour former la Société des bateaux à vapeur réunis du Léman, tout en conservant chacune une certaine indépendance.
Lorsque le chemin de fer prend naissance en pays vaudois, c'est Morges qui est la première ville côtière reliée au réseau ferroviaire (avant Lausanne !). La concurrence reprend alors de plus belle car la Compagnie du chemin de fer de l'Ouest suisse se met en tête de conduire elle-même ses passagers jusqu'aux principales localités des bords du Léman au moyen de ses propres bateaux. Après bien des déboires, elle les vend à la Société des bateaux à vapeur réunis du Léman, moyennant un arrangement concernant les recettes du trafic voyageurs de la côte suisse ; c'est de cet arrangement que date la validité réciproque des billets de train et de bateau (moyennant paiement: au début du siècle, c'est le train qui demandait un supplément, mais par la suite c'est sur le bateau qu'il fallait en payer un). Cette validité réciproque a été supprimée dès le 28 mai 2000 !
Afin de satisfaire mieux l'offre et suite à de nombreuses critiques (déjà !), les trois compagnies associées décident en 1873 de fusionner et de fonder la Compagnie Générale de Navigation sur le lac Léman.
En 1890 débute pour la CGN la "belle époque", qui durera jusqu'à la première guerre mondiale. C'est durant cette période que furent construites (ou commandées) six unités qui font encore aujourd'hui la fierté de la compagnie; seuls les S/S Rhône et S/S Helvétie seront commandés ultérieurement, au début de l'entre-deux guerres.
La crise des années trente et la seconde guerre mondiale oblige la CGN à entrer dans une nouvelle ère qui est caractérisée par la perte de son caractère d'entreprise privée. Les pouvoirs publics prennent de plus en plus d'emprise dans ses organes dirigeants. Durant cette époque plusieurs unités sont mises hors service et des bateaux à vapeur sont convertis à la propulsion diesel-électrique. De nouvelles unités ne sont lancées que depuis l'exposition nationale de 1964: MS Albatros [disparu], Général-Guisan, Henry-Dunant, Chablais, Ville-de-Genève, Léman et surtout le MS Lausanne, deuxième du nom, qui est inauguré en 1991 et qui est le plus grand bateau d'Europe naviguant en eau douce.
D'après La flotte du Léman, Payot, 1972
Ajoutons que les bateaux à vapeur S/S Montreux, S/S Savoie et le vapeur-amiral S/S La Suisse ont été entièrement rénovés en 2001, resp. 2006 et 2009. Par contre les bateaux historiques M/S Italie et M/S Helvétie sont hors service, en attente d'une (hypothétique ?) rénovation et le bateau de service Venoge a été vendu.
De 2005 à 2008 3 nouvelles grandes vedettes (M/S Morges, M/S Lavaux et M/S Valais) et 2 navibus ® (M/S Coppet et M/S Genève) ont été mis en service.
8 bateaux à roues (dont 5 à vapeur et 2 hors service)
11 bateaux à hélices et navibus ®
1 dock flottant
~ 1'800'000 passagers par année (2008)
frs ~ 23'650'000.- de recette annuelle (total 2008)
frs 34'350'000.- de dépense annuelle (total 2008)
588'000 km parcourus (total 2008)
11 stations genevoises
9 stations françaises
18 stations vaudoises
2 stations valaisannes
Voir aussi la carte des routes régulières de la CGN
Sources: Rapport annuel CGN 2008 et Brochure CGN: Notre passion: les croisières sur le Lac Léman (1996).